C’était un soir comme celui-ci, où la pénombre laisse entrevoir le rai de lumière derrière la porte. C’était ce soir. Un soir de panique, où il faut marcher. Entrer enfin dans cette cour des autres, ce monde inconnu. Les enfants doivent faire leurs premiers pas en classe, les adolescents doivent poser leur premier baiser, les jeunes adultes doivent entrer dans le monde du travail, les adultes doivent, les adultes… puis les jeunes retraités doivent changer leurs habitudes. Et enfin on doit se préparer à mourir. Après, une autre porte.
Puis il y a ceux qui ont une vie en feu d’artifice. Qui font tout à la fois, dans une symphonie désordonnée, sorte d’art expressif duquel l’auditeur sort moins indemne que l’auteur. A la fin, on regarde cette oeuvre interminable, que seule la mort clot. C’est une vie où tout prend sens, où chaque élément est lié de sa chair avec l’autre.
Mais il faut rendre des comptes, de toute façon. Le monde est payant. On attend quelque chose, on doit quelque chose. C’est bien normal, c’est la vie en société, qu’il s’agisse de faire du troc ou de la haute finance.
A force de vouloir faire plein de choses, on se répand. Mais l’on s’étend. On est étriqué, on est fier.
Le cul entre deux chaises aère.